<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Le blog de NeoXygen</title><description>Des situations vécues, racontées à la première personne. Des récits, pas des méthodes.</description><link>https://neoxygen.fr/blog</link><language>fr</language><atom:link href="https://neoxygen.fr/rss.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><lastBuildDate>Mon, 24 Aug 2026 00:00:00 GMT</lastBuildDate><item><title>La machine que j’ai relancée deux fois</title><link>https://neoxygen.fr/blog/la-machine-relancee-deux-fois</link><guid isPermaLink="true">https://neoxygen.fr/blog/la-machine-relancee-deux-fois</guid><description>Le linge était propre depuis dimanche midi. Je l’ai étendu dans la nuit de jeudi à vendredi. Entre les deux, je suis passé devant la porte quarante fois.</description><pubDate>Mon, 24 Aug 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;J’ai lancé une machine un dimanche matin. Elle a fini vers midi, et le téléphone me l’a dit. J’ai pensé « j’y vais », et je ne suis pas allé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi soir, le linge était toujours dans le tambour. Mardi, il avait cette odeur qu’on ne rattrape pas. Je l’ai relancé une première fois. La machine a fini vers vingt-trois heures, et le linge y est resté deux jours de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi soir, je l’ai relancé une seconde fois. Cette fois je suis resté devant la porte jusqu’à la fin, et j’ai étendu le linge à minuit vingt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-le-tambour-demandait&quot;&gt;Ce que le tambour demandait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux minutes. Ouvrir la porte, sortir le linge, l’étendre. Je le savais dimanche à midi, et je le savais aussi bien jeudi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est pas que la chose m’était sortie de la tête. Je suis passé devant cette porte quarante fois en quatre jours, et &lt;em&gt;à chaque passage j’ai pensé au linge&lt;/em&gt;. Il n’a jamais cessé d’être là.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce n’était pas une question de mémoire. C’était le coût d’amorçage d’un geste que je connais par cœur.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un rappel de plus n’aurait rien changé : j’avais déjà le rappel, il était derrière la porte et il tournait en boucle dans ma tête depuis dimanche. Ce qui manquait était entre la pensée et le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-ça-ma-coûté&quot;&gt;Ce que ça m’a coûté&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux cycles de machine pour rien, quatre jours d’une porte devant laquelle je détournais un peu le regard, et cette phrase que je me suis dite en étendant les draps, à minuit vingt : « je n’arrive même pas à sortir du linge ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est cette phrase-là qui coûte cher. Pas les deux cycles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le linge, les courses, le carton qui reste dans l’entrée : c’est le même endroit de ma vie, et c’est celui que Cocon essaie d’absorber à ma place. Je ne sais pas encore si j’y arriverai.&lt;/p&gt;
</content:encoded></item></channel></rss>